- Plaine Commune
Histoire du livre
Les documents les plus anciens allant du 15ème siècle à l’aube de la révolution française, en provenance notamment de l’Abbaye et des couvents de Saint-Denis.
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Bibliothèque de Saint-Denis - Fonds ancien. © Christophe Fillieule - Plaine Commune
Naissance d'une bibliothèque
Le « fonds ancien » est le point de départ de la médiathèque du Centre-ville de Saint-Denis. À la Révolution, les biens des ordres religieux et des nobles émigrés ont été saisis : c’est ce qu’on a appelé les « Biens nationaux ». Parmi ces saisies, des livres, que l’on a regroupés dans des « dépôts littéraires » : une centaine en France, dont un à Saint-Denis. Celui-ci regroupe les saisies du nord de Paris : Abbaye et autres couvents de Saint-Denis, Ermitage du mont Valérien, Minimes de Nigeon (Chaillot), Vertus d’Aubervilliers, Génovéfains de Nanterre, Pénitents de Belleville.
Les grandes institutions nationales sont venues puiser dans ce dépôt littéraire, en extrayant les ouvrages les plus précieux. Sont restés un peu plus de 4 000 documents, tous imprimés, allant du 15ème siècle (« incunables ») à l’aube de la Révolution (18 siècle). Un incunable est un livre imprimé au cours du 15ème siècle, avant que l'imprimerie ne se répande en Europe et ne remplace le livre manuscrit des copistes. C'est en 1798 que la municipalité a décidé de créer sa propre bibliothèque à partir de ces documents. Aujourd’hui encore, le « fonds ancien » est un « fonds d’État » : l’État en reste formellement propriétaire, il en délègue la conservation à l’Établissement public territorial de Plaine Commune.
Enrichissement des collections
Tout au long du 19ème siècle, et jusqu’au début du 20ème siècle, la bibliothèque de Saint-Denis, héritière du dépôt littéraire constitué par les saisies révolutionnaires dans les couvents de la région, demeure une bibliothèque « d’érudition », sur le modèle des bibliothèques monastiques. Pendant toute cette période, les livres acquis s’adressent avant tout à un public de savants qui souhaitent approfondir leurs connaissances ou bien poursuivre leurs recherches. Ce sont alors avant tout des encyclopédies, des dictionnaires, des manuels, des œuvres complètes, des livres d’histoire, des mémoires de personnages historiques qui entrent dans les collections. C’est seulement dans la deuxième moitié du 20ème siècle que les collections proposées commenceront à se « démocratiser », lançant le processus de développement de ce qu’on appelle aujourd’hui la « lecture publique ».
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Encyclopédies & dictionnaires
Le fonds ancien compte déjà nombre de dictionnaires et encyclopédies, dont l’une des premières entreprises encyclopédiques d’envergure en langue française : le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (1697, 1715 pour notre édition). Avant cela, on peut citer l’Ezechielem explanationes, en latin, du jésuite espagnol Juan Bautista Villalpando (1596), ou bien l’édition latine de la Souda (1619). Un don fait à la bibliothèque a permis de prolonger cette collection par une édition originale de l’Encyclopédie Diderot & D’Alembert (Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1751). La médiathèque du Centre-ville détient également le Nouveau Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre (premier éditeur du Capital de Marx en français), une édition originale du Grand Dictionnaire universel du XIXe s. de Pierre Larousse (1866) ou de l’Encyclopédie française de Monzie & Febvre (1932).
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Manuels scolaires et universitaires
La médiathèque du Centre-ville conserve toutes sortes de manuels, depuis celui d’apprentissage de la lecture pour classes élémentaires de la IIIe république, jusqu’à des manuels techniques ou universitaires, des manuels d’apprentissage des langues (vivantes ou anciennes), etc.
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Histoire & mémoires historiques
Les historiens sont très bien représentés dans les collections, notamment à travers de grands cycles complets d’histoire de la France, d’histoire thématique ou d’histoire mondiale. On peut citer : Robert Aron (1898-1975), Jacques Bainville (1879-1936), Pierre Champion (1880-1942), Jules Claretie (1840-1913), Victor Duruy (1811-1894), Frantz Funck-Brentano (1862-1947), René Grousset (1885-1952), Gabriel Hanotaux (1853-1944), Camille Jullian (1859-1933), Louis Madelin (1871-1956), Henri Martin (1810-1883), Pierre Renouvin (1893-1974), Charles Seignobos (1854-1942), Hippolyte Taine (1828-1893), Augustin Thierry (1795-1856), Michel Vovelle (1933-2018).
La médiathèque conserve nombre d’ouvrages de mémoires de personnages historiques familiers ou plus confidentiels.
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Arts & Littérature
Dès le fonds ancien (qu’on songe à la monumentale entreprise d’Histoire littéraire de la France entreprise par la congrégation de Saint-Maur à l’abbaye de Saint-Denis et poursuivie aujourd’hui par un laboratoire du CNRS), et tout au long de son histoire, la bibliothèque a toujours suivi de façon privilégiée la production éditoriale en littérature. Les fonds littéraires y sont donc abondants et diversifiés, surtout à partir de la littérature romantique, dans des éditions parfois originales, des éditions de bibliophilie, dont certains exemplaires dédicacés (Elsa Triolet).
La médiathèque du Centre-ville détient nombre d’œuvres complètes de personnages historiques (Lénine), d’auteurs classiques (Dumas, Hugo) ou plus récents (œuvres croisées d’Aragon et Triolet).
Sont à noter plus particulièrement les collections de littérature populaire et de littérature prolétarienne.
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Partitions
La médiathèque détient un fonds Musique constitué de nombreuses partitions, aussi bien de musique classique que de chanson populaire. En 2015 a été découverte dans le fonds ancien la partition originale perdue d’un opéra baroque du compositeur français André Campra (1660-1744) : Le Destin du nouveau siècle était destiné aux élèves du lycée Louis le grand à l’occasion de leur fête annuelle, lors de laquelle ils se produisaient devant le Roi. La bibliothèque Joseph Nippgen contient également des partitions.
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« Enfer »
Ce petit fonds contient des ouvrages relatifs à la sexualité jugés, à l’époque de la création du fonds, trop « subversifs » pour être communiqués directement au public.